Le Jour où Mon Concurrent m'a Demandé Conseil

Le Jour où Mon Concurrent m'a Demandé Conseil

Hassan et moi, on se connaît depuis cinq ans sans jamais vraiment se parler. Politesse de façade quand on se croise, sourires forcés aux événements professionnels. La concurrence classique entre bijoutiers du même quartier.

Ce jour-là, il avait l'air embarrassé mais déterminé.

"Yasmina, ma clientèle me demande de plus en plus de personnalisation. Des gravures, des prénoms... Je sais que toi, tu fais ça très bien. Tu peux m'expliquer comment tu procèdes ?"

L'honnêteté qui désarme

J'aurais pu lui dire non. Garder mes petits secrets, protéger mon avantage concurrentiel. Mais quelque chose dans sa façon de demander m'a touchée.

"Hassan, pourquoi moi ?"

"Parce que tes clientes parlent. Dans le quartier, on sait que chez AZOR, la personnalisation, c'est du sérieux. Moi, j'ai essayé avec un graveur pas cher. Résultat : trois colliers ratés et des clientes mécontentes."

Son honnêteté m'a désarmée. Au lieu de me sentir menacée, j'ai eu envie de l'aider.

La leçon inattendue

On s'est installés au café d'en face. Je lui ai expliqué notre processus : vérification des traductions, tests sur échantillons, triple contrôle qualité. Il prenait des notes comme un étudiant appliqué.

"Tu sais, Hassan, le secret, c'est pas la technique. C'est de traiter chaque commande comme si c'était pour ta propre famille."

Il m'a regardée bizarrement : "Tu me donnes tes secrets comme ça ?"

"Les techniques, on peut les copier. Mais la passion, l'attention aux détails, ça ne s'enseigne pas. Ça se vit."

L'effet sur nos affaires

Trois mois plus tard, Hassan propose effectivement de la personnalisation. Mais au lieu de me voler des clients, ça a développé le marché. Les gens du quartier se sont habitués à l'idée qu'on peut personnaliser ses bijoux.

Résultat inattendu : mes ventes de personnalisation ont augmenté de 30%. Parce que quand Hassan rate une gravure (ça arrive encore), ses clientes viennent chez moi pour "réparer".

L'entraide qui enrichit

Cette histoire m'a fait réfléchir. Dans notre secteur, on a tendance à voir les autres bijoutiers comme des ennemis. Mais en fait, on travaille tous pour le même objectif : faire plaisir à nos clientes.

Maintenant, Hassan et moi, on s'entraide régulièrement. Il me signale ses clients qui cherchent des pièces haut de gamme qu'il ne fait pas. Je lui envoie celles qui veulent de l'argent traditionnel, sa spécialité.

"Tu avais raison, m'a-t-il dit la semaine dernière. La concurrence, c'est pas entre nous. C'est contre les bijoutiers qui font du mauvais travail."

Exactement, Hassan. Exactement.

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